25.07.2007

Vide et plein

Parfois, tout notre univers quotidien semble s'accorder pour nous faire des clins d'oeil.

Ainsi, pour poursuivre sur ma lancée du vide (les leçons du désert, tri par le vide dans mon appartement, vide de billets sur ce blog...), j'ai assisté ce dimanche à un bien étonnant sermon. Juste le dimanche où je me décide à retourner à la messe, après de longs mois d'absence.

L'histoire, elle est simple. Marthe et Marie sont soeurs. Toutes deux sont à une grande fête. Marie se la coule douce quand Marthe se tape tout le boulot. Du coup, cette dernière se plaint car cette grosse fainiasse de Marie pourrait tout de même l'aider.

Et là, surprise, le prêtre nous fait un sermon sur le vide.

Qui a demandé à Marthe d'en faire autant ? Peut-être que si elle avait profité de l'instant au lieu de vouloir que tout soit parfait, aurait-elle non seulement été plus agréable aux personnes qui venaient la voir mais aussi aurait-elle laissé de la place aux autres pour l'aider.

Le vide est nécessaire pour faire le point. S'arrêter, souffler, rester à l'écoute de nos ressentis : c'est un moment important qui permet de nous assurer que nous filons sur le bon chemin.
Marthe et Marie symbolisent ici les deux versants de la même thématique : action / inaction (= observation/intégration /prise de recul si l'on voulait faire une analogie avec le monde des entreprises). Un juste milieu est à trouver.

 

Lorsqu'on demande à certaines familles, nous expliquait le prêtre, qu'elle avait été la vie d'une femme dont il devait préparer l'enterrement, on lui répondait fréquemment : "elle a élévé x enfants". Oui, mais encore ? Quelles étaient ses valeurs, qu'aimait-elle ? ... On ne peut réduire la vie d'une femme à celle de ses enfants, aussi dévouée ait-elle pu être. Le plein nous donne un rôle mais le vide nous donne du sens.

A trop vouloir courir, à trop vouloir faire, nous oublions ce sens.

 

 

20.06.2007

Les leçons du désert

medium_jordanie_Arche.jpgDepuis mon retour de Jordanie et de ces 5 jours de marche dans le Wadi Rum, je m'interroge sur les leçons de ce désert.

5 jours, c'est court. Il y avait tant à voir par ailleurs. Mais 5 jours, pensais-je, ce devait être assez pour ressentir ses premiers murmures. On m'avait dit en effet que le désert nous ramenait à notre essence et à notre petitesse, qu'il nous enveloppait de l'infini et nous faisait prendre conscience du superflu.

Quand on constate qu'on peut se laver avec à peine 1 litre d'eau, on prend en effet conscience de l'essentiel et du futile. Mais happée par la beauté des couleurs (malheureusement non rendue par mes photos) et la diversité des paysages du Wadi Rum, soucieuse d'emporter dans ma tête autant d'images que mes yeux pouvaient en contenir, j'ai eu paradoxalement la sensation à mon retour d'être passée à côté de la leçon du Wadi Rum.

3 mois après, celle-ci se fait entendre.

medium_jordanie_wadiRum.jpg

C'est son éloge de la lenteur qui est pour moi la leçon la plus prégnante.

Au retour, dès l'aéroport, j'ai vécu cette sensation d'être subitement transportée dans un film en accéléré. Tout ce monde qui grouillait et pressait le pas, soucieux du but sans jamais savourer le chemin... quelle folie qui est la nôtre ! Et pourtant, j'étais à la première à ne pas fantasmer sur la vie du bédouin : marcher dans le sable entre deux pauses thé et une chansonnette autour du feu de bois, en promenant tour à tour des touristes ou des chèvres, c'est une caricature certes, mais ça ne me semble avoir du goût que dans la mesure où cette liberté ne finit pas par nous enfermer dans ses exigences.

Moi qui suis une éternelle impatiente dans un corps qui semble posséder tant de goût pour la lenteur, j'ai enfin compris (me reste à l'accepter !) que l'important, c'était d'arriver à destination. Qu'importe où l'on soit sur le chemin, qu'importe la puissance ou la faiblesse de nos aptitudes, l'important c'est d'avancer, de faire ce qu'on peut du mieux qu'on le peut.

Un prêtre, dont on m'a rapporté le sermon, disait ainsi que le jugement (de soi, des autres) ne servait à rien, et surtout pas en ce qui concerne l'amour de Dieu. Que chacun à sa façon, avec les possibilités qui sont les nôtres, nous pouvions l'aimer. Le coeur n'a pas besoin d'être infini pour exister. Il a juste besoin d'être.

 

A cette lenteur, j'associe la sensation de vide. Le vide qui se crée dans la tête à chaque nouveau pas, le vide qui s'ouvre à nos yeux à chaque crissement de sable.
Le vide fait peur. La nature a d'ailleurs horreur de celui-ci. Il suffit d'une personne sur un stand pour que viennent s'y agglutiner plusieurs, d'un espace laissé entre 2 voitures pour qu'une autre vienne s'y insérer. Notre monde est fait de plein. Notre monde social mesure l'importance sociale au plein. Une personne occupée est une personne prisée, convoitée; une personne "importante" est une personne qui possède, peut-on croire.

Le vide fait peur car on croit qu'avec le vide, on va mourir. Et pourtant, passée la zone d'inconfort (qui dure souvent 3 jours, ai-je remarqué), on s'aperçoit que le vide est juste un autre mode de fonctionnement et qu'on peut très bien en vivre -voire même mieux qu'avec le plein.

Au bout de 3 mois, le désert m'a appris que ma vie fonctionnait sur le plein et qu'il y manquait du vide, ce même vide que le plein cherche à fuir.

... Mais une fois que la leçon est entendue, comment l'accepter et surtout, comment la mettre en pratique ? ...
Peut-être juste en laissant faire le vide et la lenteur.

 

27.05.2007

J'ose ou j'ose pas ?

sqli m'a demandé de préparer une présentation de moi-même pour l'intranet.

Dans l'euphorie de ce dimanche de pluie, j'ai rédigé le texte ci-dessous (à partir d'un billet que certains auront peut-être reconnu). Mais je ne suis pas sûre que le deuxième degré soit judicieux pour cet exercice de promotion interne. A votre avis, j'ose ou je n'ose pas leur rendre ma copie (sachant que j'apprécierais tout de même dépasser le stade de la période d'essai dans cette boite...) ?

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Née à Bordeaux en 1972, je fus bercée par les chansons des Beatles et grandis gentiment au rythme du Club Dorothée, convaincue que j'apporterais un jour ma contribution au patrimoine audiovisuel.

De mon enfance, je garde un physique de bonsaï et un tendre émoi au souvenir de mon premier amour : le Capitaine Flam (Flamme ?).

 

Humblement persuadée d'être un génie méconnu, j’ai longtemps persévéré dans la création de magazines tellement novateurs que le modèle ne fit son apparition avec succès que 10 ans plus tard, dans la rédaction de romans au style salué mais jugés trop réels pour faire rêver ou dans l’écriture de courts métrages où les acteurs et réalisateurs répondaient présents mais pas les producteurs. Tout ça, malgré une formation judicieusement choisie en école de commerce (spécialisation marketing, s’il vous plaît !).

 

Les entraînements d’art martial vietnamien (vovinam viet vo dao) que je commençais à donner avec délectation à une classe de jeunes mâles, titillés entre respect et agacement face à cette autorité féminine, ne suffirent plus à compenser ces rebuffades. Lasse, je me résigne enfin à abandonner mon sud-ouest natal pour tenter ma chance à la capitale. Là, je suis une formation en conception et ingénierie multimédia dans une école de cinéma (ivresse, quand tu nous tiens !). Puis fis avec délice mon chemin dans la communication écrite où mon insatiable besoin de variété comme de challenges me poussa à intervenir en free-lance auprès de grands comptes, d'associations et de TPE.

 

Le facétieux hasard de la vie me propulsa à de nombreuses reprises dans l'univers de la cosmétique, moi qui à l'époque mettais un point d’honneur à refuser les diktats de la mode et associais les couleurs avec une audace qui aurait fait rougir Yvette Horner. C’est ainsi que je travaillais pour L’Oréal, Hermès, Unilever, ou Galerie Noémie - pour ne citer qu’eux.

 

Mais voilà : seule face à mon PC, je commençais à souffrir de l’absence de collègues avec lesquels faire grandir les idées de demain. C’était l’appel de la meute … et peut-être un peu aussi celle de la machine à café et des congés payés. Sans oublier l’envie de prendre des responsabilités sur des projets de plus en plus ambitieux et créatifs.

C’est alors qu’un certain ***bip!*** de sqli me téléphona après avoir repéré mon CV sur le web… suivi d’un deuxième appel près d’un an plus tard (!) pour une proposition de collaboration free-lance puis d’embauche.

 

Premiers pas chez sqli un 26 mars. Un nouveau chapitre commence…

Me revoilà !

Un peu plus d'1 mois que je n'avais blogué... Pour quelqu'un qui voulait prendre le temps de poster, c'est loupé !

Dans l'intervalle, il s'est pourtant passé des choses qui ont révolutionné mon existence - comme le fait que je réalise que nous avons tous la conscience immédiate de notre nombril - ou des événements incroyablement vexants - comme de m'apercevoir qu'à part moi, personne ne semble s'en soucier.

Plus sérieusement, j'ai aussi eu le plaisir d'être invitée à la soirée Jobmeeters qui fêtait sa V2 flambant neuve. Ca m'a fait bien plaisir de revoir Patrice ainsi que quelques autres têtes reconnues (désolée de n'avoir pu toutes les saluer). Bravo à l'équipe pour le travail accompli et merci pour son accueil.