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06.01.2007
Quand le corps s'en mêle
Bien sûr, je n'ai rien d'une Sainte. Mais je suis une gentille. Une vraie gentille. De celles qui vont signaler à la boulangère qu'elle vient de nous rendre plus de monnaie qu'elle n'aurait dû. Ou de celles qui vont envoyer un petit mot de soutien à une personne qu'elle connaît à peine simplement parce qu'elle a appris que cette personne traversait une période difficile.
L'avantage, quand on est un gentil, c'est qu'il nous arrive souvent de très belles choses comme croiser des gens lumineux ou trouver un gros paquet de tickets restaurants encore valables par terre (et les garder, après s'être bien assurés qu'ils n'étaient à personne assis à côté de nous dans la pièce).
L'inconvénient, quand on est un gentil, c'est que beaucoup en profitent pour nous manquer de respect.
Si j'ai bien conscience de cela depuis longtemps, j'ai pourtant toujours résisté à l'envie de forcer le ton. Je préférais couper les ponts sans (trop) rien dire avec les abonnés aux sens uniques, ceux qui prennent sans jamais rien donner, plutôt que de crier un bon coup. Je préférais rester une gentille même à ce prix, plutôt que de risquer de devenir ce que je leur reprochais.
Et puis j'ai compris que j'étais sûrement trop gentille. Et que si on en abusait, c'était assurément parce que je laissais faire.
Sans pardonner car je ne sais pas encore oublier les mauvais coups qu'on m'a portés, mon côté gentil trouvait toujours une excuse aux irrespectueux pour expliquer leur comportement : ils vont mal en ce moment, c'est difficile pour eux, ils sont sous tension ...
Depuis quelques années déjà, j'apprends à devenir méchante. Dans ma bouche, ça signifie simplement apprendre à m'affirmer et à poser ces limites qui ne coulent pas de source pour tout le monde.
En ce moment, je suis en plein dedans : non, je ne veux pas travailler gratuitement pour vos beaux yeux; non je ne veux plus commencer une mission sans bon de commande; non je ne travaillerai pas jour et nuit pour vous alors que vous fournissez les éléments systématiquement trop tard; non il n'est pas question pour moi d'accepter un service aussi déplorable au prix où je vous rémunère !
Résultat : mon corps a été assiégé de crampes pendant la nuit dernière, j'ai une jambe encore raide et un torticolis.
Je crois que les symptômes et pathologies que l'on développe dépendent de notre état d'esprit. Je veux dire par là que je crois que l'on va développer telle maladie plutôt qu'une autre en fonction des éléments internes et externes qui nous heurtent.
En consultant mon dictionnaire des malaises et maladies, j'ai été amusée de lire que les crampes aux mollets indiquaient que le corps avait fait un chemin que la tête n'a pas encore pleinement accompli. D'où la tension. Et que le torticolis symbolisait pour moi la nécessité d'accepter de cesser d'être une trop gentille. Car quand on n'arrive pas à tourner la tête de gauche à droite (ce qui est mon cas), il faut se demander à qui ou à quoi on ne veut pas dire non. Et quand on n'arrive pas à bouger la tête de haut en bas (ce qui est mon cas aussi), c'est qu'on rejette une idée nouvelle.
...Curieusement depuis ces lignes, ma tête bouge bien mieux dans tous les sens...
2007, tu n'as qu'à bien te tenir ou ça va chauffer pour ton grade ! ;-)
16:25 Publié dans Instantanés | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note





Commentaires
Hello Cécile,
Encore moi ;-)
Je suis un "trop gentil" moi-aussi... Mais j'assume. Quand les autres vont trop loin, je laisse couler ou je prends mes distances selon les cas. Et je suis plutôt pas mal en harmonie avec mes valeurs comme cela. Si les autres abusent, cela leur retombera dessus d'une manière ou d'une autre... C'est un peu le même principe que le bonheur ou la chance qui arrive aux personnes comme toi ou moi, qui somment des gentils.
Ce que j'aimerais savoir en fait, c'est les raisons qui t'ont poussé à devenir "méchante" ?
A+
VBT
Ecrit par : VBT | 06.01.2007
bonjour cécile, ca fisait longtemps =)
je suis connue pour être une grande gueule dans ma famille, mais professionnellement ou plus largement face a des gens avec qui je ne suis pas intime, j'ai tendance a être impossible de m'imposer, a baisser la tête et a m'excuser quand ce sont les autres qui sont en tord, et surtout a ne pas savoir dire non...c'est très frustrant mais le pire c'est quand on est mis au pied du mur, et que l'on nous tire de deux coté différents (juste avant d'accepter mon emploi par exemple j'ai du choisir entre continuer mes etudes en alternance dans une vboite qui ne me correspondait pas, ou accepter un boulot payé le smic mais qui me permettrait de m'épanouir...) et bien j'ai été physiquement malade pendant deux jours a cause de ca, rien qu'a l'idée de devoi refuser une des deux propositions...quand je me suis fait hurler dessus par la directrice de l'école ca a été encore pire mais je sais, aujourd'hui, que j'ai pris la bonne décision..
mais comme je vous comprends en tout cas =)
(désolée pour mon commentaire a rallonge c'est une habitude chez moi)
Ecrit par : zaelle | 07.01.2007
Bonjour Cécile,
Moi aussi je suis une gentille, et oui, parfois les gens abusent. Comme toi je suis aussi en pleine période de restructuration interne pour continuer à être gentille mais sans se faire abuser. On va s'en sortir!
Bonne année!
Ecrit par : Jussara | 07.01.2007
VBT >>> Les raisons qui m'ont poussée à devenir "méchante" ? Parce que je me suis rendue compte que "trop gentil", ce n'était pas juste. "Trop" ou "Pas assez" n'est jamais juste d'ailleurs. "Gentil" tout court, ça suffira pour rester en harmonie avec mes valeurs (pour reprendre ton expression qui résume si bien la chose) tout en évitant l'épuisement, les agacements, les frustrations et autres joyeusetés que le "trop" ajoute.
Zaelle >>> Ca me fait plaisir de te lire sur ce blog. Bienvenue à toi ! (Maintenant que nous commençons à bien nous connaître, je te propose de nous tutoyer, à moins que tu n'y voies une objection et dans ce cas, je rectifierai le tir la prochaine fois).
Ton exemple prouve une fois de plus à quel point les pensées peuvent avoir des répercussions sur le corps.
En ce qui me concerne, lorsque je dois faire un choix qui m'est difficile, j'écoute d'un côté mon coeur, de l'autre j'étudie de manière raisonnée toutes les options. Je compare ensuite pour voir si une tendance se dégage par rapport à ma priorité du moment. Et si ce n'est toujours pas le cas, je me dis qu'il n'y a pas de mauvais choix, il n'y a que des chemins à explorer.
Jussara >>> Bonne année à toi aussi ! Qu'elle soit donc celle de nos restructurations internes réussies ! ;-)
Ecrit par : Cécile | 07.01.2007
Je vois que ce début d'année commence avec de belles résolutions. Il n'y a ni gentil ni méchant dans le fond, il y a soi, l'instinct de survie prend de l'importance avec l'âge. Cordialement
Marco
Ecrit par : Marco | 07.01.2007
Ui ui, on peut se tutoyer, ce n'est pas chose aisée chez moi (il suffit de me voir me torturer mentalement face a un interlocuteur que je ne sais pas si je dois le tutoyer ou le vouvoyer, pour créer des phrases sans tu ou vous =)
Mais ui d'accord, c'est un plaisir de te lire =)
Ecrit par : zaelle | 08.01.2007
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